L’approche de la vérité

 

Je dédie cette planche à tous ceux qui souffrent d’avoir perdu un être cher.

 

Chacun aspire à approcher la vérité mais pour ce faire, il faut abandonner préjugés, passions et certitudes, quitter sa maison, ses habitudes et ses habits et prendre le chemin du désert, du dépouillement, déposer à l’entrée du Temple non seulement ses bijoux, mais aussi tous les oripeaux du moi, les fanions, les drapeaux, les insignes et signes de reconnaissances. Tel je me présente à la vie, tel je me présente à la mort face à ma vérité : sans idéal, nu avec pour seul horizon l’universel infini, l’inconnu inconnaissable, contre lequel la moindre de mes pensées vient s’échouer comme bois mort sur la grève.

Face à cette vérité ci, cette expérience indicible, irreprésentable tout autant que fondamentale, toutes nos constructions mentales, toutes nos réalités partagées ou non se délitent tels des châteaux de sable, retrouvant leur essence de sable, sable des plages maritimes ou sable des déserts, unité de la multitude, symbole de l’origine et du retour, du début et de la fin.

L’agencement d’un instant de ces particules de sable avait produit en nous l’illusion d’un monde organisé, d’un moi suffisant à lui-même, dont le but serait de s’enfler et s’étendre.

A vrai dire, la vérité, s’il en est une, il faut la chercher du côté de la pérennité de l’infini inconnu, du retour à l’unité, faire fi de la vanité de nos constructions mentales, qui dessinent au cœur du désert ces mirages que sont nos pensées.

 

Vivre chacune de nos pensées sans perdre de vue un seul instant l’infini inconnu irreprésentable d’où elles paraissent émerger et dans lequel elles se fondent et disparaissent, ne serait-ce pas là la condition de toute sagesse, de toute paix, de toute sérénité, l’extinction de toute peur ?

 

B :. DOULET :. ,  Septembre 2002

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