Tu es pierre

 

Caillou, pierre, posé là

là où on t’a posé, là où on t’a poussé, là où on t’a déposé.

 

caillou brut des chemins de campagne,

pavés bien alignés des villes,

pierre taillée des édifices.

 

Est ce parce que tu es cette chose offerte et sans importance

que tu peux, aussi bien être tout :

les murs et la toiture des maisons,

les sculptures les plus sublimes

que le temps qui passe semble t’oublier

comme pour respecter ce que les artistes

dans leur soif de perfection et d’harmonie

ont fait de toi ?

 

Tu es pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise.

A toi seule, tu représentes la communauté humaine.

 

Excuse moi, si par mégarde,

je te bouscule un peu quand tu déranges mon chemin.

 

                         Bernard Doulet, Flaujac, novembre 2003