UTISATION DES TRADITIONS, DES RITUELS, DES SYMBOLES,
DES MYTHES POUR APPRENDRE A SE DEPASSER
Se dépasser soi-même qu’est
ce à dire ? Avez vous déjà vu votre corps se dédoubler et son clone vous
dépasser ? Non et pourtant cela s’appelle l’anticipation. Mon devenir est
déjà là avant que j’en prenne la mesure et que je l’éprouve. Au nom de l’être
que je suis, être au monde, je suis jeté en permanence dans ce monde déjà là,
monde que je désigne et qui me stigmatise en une identité. Mon ticket d’entrée
pour ce théâtre de la vie est en même temps ma carte d’identité si j’accepte
d’y jouer un rôle, de me frotter aux choses et aux autres « c’est le monde qui m’entraîne en un folle sarabande… ».
C’est la vie, marquée d’une destinée certaine qui s’appelle la mort. En effet
sans cette destinée la vie ne serait pas la vie. Nous avons tous vu un mort de
notre connaissance et nous avons éprouvé peut-être un sentiment de peur, de
chagrin devant ce visage sans mimique, éteint, fermé, inerte, insensible à nos
sollicitations. Mystère de la vie et de la mort, énigme, non-sens. Me voilà
sans voix devant ce qui se présente à moi comme inconnu inconnaissable et je
comprends que dans ma vie quotidienne, c’est avec cela que je dois vivre au
quotidien, minute après minute.
Cet inconnu me fait peur, je ne reconnais pas face à
ce mort, le visage de mon père, de ma mère, de ma femme, de ma fille, de mon
fils. Ma tentation est grande de fuir, de me réfugier dans les lieux communs,
les croyances partagées, toutes les religions ont les leurs :
résurrection, réincarnation, etc. Devant ce qui pourrait m’ouvrir un chemin
d’espérance au delà de tout espoir, je baisse pudiquement les yeux, je regarde
ailleurs vers les chemins balisés, je quitte le désert, je ne me hasarde plus,
je cherche des réponses écrites à l’incompréhensible, j’ouvre les livres
sacrés, je me rabats sur des préjugés éculés. Je me sers de tout bois pour
alimenter le roman de la vie.
Les mythes, les rituels, les
traditions, y compris maçonniques, peuvent servir à cela, à colmater cette
brèche qui un instant m’a ouvert les yeux sur cette vérité là : ce monde
pourrait ne pas être.
Mais les mythes, les
rituels, les symboles, les traditions peuvent aussi servir une autre
cause : ils peuvent être des indications, des index, des signes, des
repaires pour servir de guide sur le chemin singulier de chacun, sa destinée,
ce chemin par définition non reproductible, non tracé d’avance, spécifiquement
mien mais qui croise celui d’autrui, de chacun de mes frères errants,
cherchant, persévérant, souffrant. Je refuse de passer à côté de ma vie propre
sans me voir nu et démuni, fort de la seule et folle espérance de devenir
pleinement ce que je suis. C’est là que je sais que ces balises (traditions,
mythes, symboles, rituels) me sont utiles, ne sont pas de trop. Elles
orchestrent mes pas, hésitations, mes peurs et mes joies.
Alors que
voulons nous être : ce vieil homme attaché aux choses mortes du passé ou
cet apprenti se frayant un chemin dans un monde à découvrir, voire à créer.
Les traditions, les symboles, les rituels, les mythes peuvent être utilisés pour colmater nos angoisses existentielles et asseoir notre vie dans un confort illusoire.
Mais ils peuvent aussi nous servir d’index, de repaires, de boussole pour accompagner et guider chacun de nos pas sur le chemin inédit et singulier, propre à chacun de nous, pour enfin de compte nous aider à réaliser notre destinée personnelle qui est celle, tout compte fait, de devenir ce que nous sommes