Amour : égoïsme ou sublimation ?
« Définitions du Petit
Larousse : du latin Amor // état physique ou sentimental qui porte un être
humain vers un autre humain // Dévotion envers une personne, une
divinité : amour de Dieu, du prochain // Passion, goût vif pour quelque
chose : amour de l’art par ex »
Un enfant, réalisant
les énormes concessions à faire pour s’inscrire en bon citoyen dans sa
communauté culturelle, reproche à ses parents de l’avoir mis au monde.
Ces parents-là comment vont-ils pouvoir se
justifier au regard du reproche auquel leur enfant les soumet ? Sans doute
leur première réaction sera de se dire et éventuellement de lui dire qu’ils s’aimaient, que çà leur faisait plaisir de faire
l’amour ensemble et que l’idée de concrétiser cet amour, ce désir
partagé, était pour eux comme une apogée.
Mais alors, pourrait leur rétorquer leur
progéniture, vous n’avez pensé qu’à vous en égoïstes. Hé bien ,
moi maintenant, je vais vous en faire
baver, je vais vous provoquer au maximum pour vérifier si dans ces conditions
vous allez quand même m’accepter, m’aimer pour moi-même, en
oubliant votre propre gloire narcissique partagée.
Je ne me rappelle pas de qui est cette
citation : nos souffrances humaines sont liées à l’amour, heureusement
que l’amour en sauve. Curieux paradoxe. Sorte de remède homéopathique,
soigner le mal par le mal.
Il est difficile d’imaginer une vie
sans amour. Que demande-t-on à Dieu et à notre prochain sinon un peu
d’amour, au pire un peu de pitié et n’est ce pas de se sentir exclu
de l’amour qui fait souffrir ?.
On pourrait penser dès lors que
l’amour est un sentiment des plus naturels et qu’il suffirait
d’abandonner ses défenses pour le retrouver sous les haines les plus
féroces comme la plage sous les pavés de nos amis insurgés de mai 1968.
Or, ce n’est pas si simple. Un des
commandements du Nouveau Testament est celui-ci : « Aime ton prochain comme toi-même ». Une chose
naturelle, si tel était l’amour, aurait-elle besoin de faire
l’objet d’un commandement ? Je pense que non.
Doit-on en conclure que parvenir à
l’amour de soi et d’autrui suppose une abnégation, une
transcendance, un renoncement à son plaisir narcissique immédiat ? A mon
sens oui.
A défaut d’amour, le respect de l’autre sera édicté par
Du
faire l’amour est issu cet enfant, fruit de l’amour de ses deux
géniteurs, là où cet enfant dans sa révolte les qualifie d’égoïstes.
Faut-il cliver l’amour entre amour-sentiment et amour que je qualifierai de spirituel
faute de mieux, Amour Océanique qui ne se soutiendrai pas d’états
d’âme mais peut-être de l’intuition que cet amour là est le lien
entre tout être et toute chose qui habite cette impitoyable vie ?. Sans
doute.
Alors que répondre à cet enfant, quel
message lui adresser sinon le message du Christ : « Aime ton prochain comme
toi-même » et d’ajouter :
l’impitoyable Vie t’apprendra le reste, peut-être
Bernard DOULET, février 2004