Il est souvent perçu comme scandaleux de dire que la
victime y est pour quelque chose dans ce qui lui arrive, de même que de dire
que la violence agie par l’agresseur trouve un répondant dans la
complaisance de la victime.
Il convient de sérier pour en parler :
v Violence calculée
v Violence involontaire
v Violence impulsive
v Violence individuelle auto ou hétéro agressive
v Violence institutionnelle
v Violence agie et violence verbale
Dans tous les cas, la mise en scène de la violence traduit un vécu relationnel. Comme tout acte agi ou de parole, elle assure une fonction médiatrice au cœur de la relation, elle fait nœud dans l’interaction entre soi et soi-même, entre soi et autrui, entre soi et l’institution.
La violence, médiatrice de la relation : quelle est sa fonction ?
Elle est différente et multiple selon les situations :
v Fonction de mise à distance dans une relation vécue comme trop proche, « dévorante », entraînant une peur réciproque,
v Fonction d’appel à un rapprochement, à un contact avec l’autre dans une relation vécue comme faillite de la compréhension, de la reconnaissance, de distension des liens, entraînant des sentiments d’abandon,
v Fonction de marquage du territoire, des frontières inter-individuelles, parfois intrapsychiques, quand celles-ci sont mises en danger de dissolution, notamment chez le psychotique. La violence est ici l’effet de l’angoisse d’anéantissement,
v Fonction d’affirmation de soi, de son être (autodéfense), notamment quand la violence se situe dans l’espace relationnel entre l’individuel et le collectif (institutionnel),
v Fonction de (re)situer la dominance dans une relation dominant-dominé.
L’échec de la violence :
La violence, dans les meilleurs des cas permet de rétablir une relation pacifiée, mais parfois elle y échoue : c’es alors l’escalade symétrique qui peut aller jusqu’à la mort de l’un des deux protagonistes.
Violence du pouvoir et du savoir et violence des assujettis au pouvoir et au savoir :
v La violence du puissant, que ce soit une violence agie ou une violence symbolique, tend à vérifier, sinon à asseoir la soumission de l’assujetti.
v La violence de l’assujetti utilise la révolte pour vérifier, tester la relation dominant-dominé et en cela elle la renforce.
Nous retrouvons ce genre de violence relationnelle dans le fonctionnement de certains couples, dans les relations parents-enfants, dans les relations entre sujets et institution.
Qu’en est-il de la violence telle qu’elle se produit dans le viol par exemple ?:
Je dirai, contre tout bon sens, que la logique est la même : le viol met en scène un type de relation médiatisé par la violence dans la complicité des deux protagonistes, même si l’un des deux dénie sa participation. La victime, en effet, y participe inconsciemment par sa peur, sa détresse montrée ou au contraire par une réponse agressive à l’agression. Le viol, dans son fonctionnement relationnel, nécessite la rencontre d’une personnalité qui veut maîtriser l’autre et d’une personnalité dont la soumission contrainte ou la contre agressivité exprime la révolte. Que ferait le violeur devant quelqu’un dont l’attitude intérieure exprimerait une soumission passive ?
La violence à l’égard d’enfants, de personnes vulnérables, de cadavres, d’animaux… ?
Il m’apparaît que la violence, dans ces cas, ne concerne plus une interaction entre soi et autrui mais traduit une problématique propre au sujet entre lui et lui, l’objet n’étant que support d’identification.
Bernard DOULET, le 19 04 1999
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