Marc DESPLOS                                                                   Accueil    ^

Quelques visages de Pierre Mopey

 

1er visage :

Pierre Mopey a par exemple la vie devant lui. Il serait toutefois erroné de vouloir conclure d’un pareil énoncé que Pierre Mopey est jeune, tout aussi erronée cette lecture d’un signe pour un avenir assuré. Pierre Mopey refuse de donner une date précise de son âge étant donné l’incertitude scientifique concernant la datation exacte du début de la vie. Il se prononce toutefois en faveur de l’avortement dans un délai raisonnable. N’allez pas en déduire que Pierre Mopey est un type engagé, c’est simplement une conviction. Pierre Mopey en a d’autres. Il est impossible d’habiter sur mars. L’intelligence intuitive de l’animal surpasse souvent celle réflexive de l’homme. Et j’en passe. La réflexion Pierre Mopey y a par ailleurs songé. Mais le temps presse. Il presse Pierre Mopey à rejoindre cette vie qui est là mouvante et pétulante devant lui, cette vie qu’il perçoit au loin et sur laquelle il est en retard. Pierre Mopey manque alors du courage nécessaire et suffisant, l’un n’allant pas sans l’autre dans une démonstration scientifique, à la réflexion. Ce courage consiste à revenir sur sa vie comme d’autres reviennent de voyage. Cependant, dans un voyage, le retour est généralement prévu, il fait partie intégrante du voyage, alors que pour la vie personne, et encore moins soi-même puisque cela implique déjà un degré de réflexion certain, ne vient vous dire au début (ce fameux début dont nous avons noté auparavant le flou) qu’il va falloir rebrousser chemin, qui plus est par la seule force de l’esprit. Dès lors ce petit pas en arrière fait peur. Il oblige à se dessaisir un moment de l’instant. A se faire l’historien d’une histoire en marche. Avec le risque possible ne plus rejoindre cette vie qu’on a laissé filer pour, comme le saumon qui, lorsque encore rose mais bientôt gris, s’en va mourir et remonte le fleuve jusqu’à la frayère qui l’a vu naître, en comprendre mieux l’origine et le cours. Les documentaires animaliers sont une des passions de Pierre Mopey, source vive et inépuisable de ses nombreuses métaphores. Parenthèse fermée. Il faut, je reprends, après avoir subi l’assaut de la vision, l’expansion du corps, l’écartèlement du cerveau, retourner à son moi. Il faut encore, comme l’hérisson, je vous avais prévenu !?, qui s’arrête au milieu de la route et se met en boule, stopper la marche de sa vie au moment le plus périlleux, lorsque celle-ci nous traverse de plein fouet, si possible aux heures de pointe, aïe !, ou que nous la traversons, allez connaître l’ordre de priorité dans ce cas de figure, de manière déterminée, obstinée, confiante, aveugle, pour retomber enfin sur son modique moi. Pierre Mopey a certainement effectué ce retour sur soi au moins une fois, d’où son retard, actuel et prononcé, sur sa propre vie. Est-il prêt à en remettre une couche ? Le peintre qui sommeille en lui dit oui, mais que dit l’homme ?

2ème visage :

Pierre Mopey a aussi deux mains gauches. Le travail manuel ne lui est pas destiné. A moins de considérer tous les mots que Pierre Mopey possède comme de petites mains préhensiles qui inventent l’objet pris, capturé, et le modèlent au grès de leur volonté. Seul les mots nous mettent le monde sous la main. Une autre conviction de Pierre Mopey. Ce dernier n’y va donc pas de main morte avec les mots, il cherche à les apprendre tous, il cherche même à les déformer, à les restituer au plus près de cette chose qui est là devant lui, devant nous et dont, à première vue, on ne peut dire de quoi il s’agit, plutôt gluant mais sans forcément vous glisser des mains, il y a de la consistance, des petites coquilles roses près des pattes, on peut toucher, c’est petit, ça sautille, c’est là et pourtant ça nous échappe, c’est un animal, on procède par élimination, trouver la classe, l’ordre, la famille, le genre, l’espèce ce n’est ni un dytique ni un dugong etc. Les mots, vous l’aurez compris, sont les garde-fous de Pierre Mopey dans un monde qui ne tourne pas rond et dans lequel les fous, les vrais, ne sont pas mis en garde. Pierre Mopey n’est pas révolté pour autant, simplement déçu et pris d’un mal profond qui donne parfois des idées noires et empêche de rêver simplement, comme un enfant, de réalité virtuelle.

 

3ème visage :

Pierre Mopey est donc un homme de lettres. C’est un T lorsqu’il s’ouvre à une femme, qu’il s’apprête à accueillir son petit corps frêle entre ses bras sûrs et costauds. Et voilà qu’il profite de ma distraction pour la prendre, la soulever, il fléchit ensuite légèrement les genoux pour la renverser, bras tendus, à quelques centimètres du sol, elle s’abandonne à lui, elle sent son cœur battre au rythme de ce tango sans fin, elle exulte, elle veut lui dire je t’aime, elle va le lui dire. Le bandonéon pousse son dernier cri, la musique s’arrête net. Elle ne dit rien. C’est un des malheurs de Pierre Mopey. Il est furieux, il tend les mains au ciel, c’est un Y, puis les laisse retomber le long de son corps, c’est un I qui n’a plus rien de grec, c’est un monde redevenu profane, privé de dieux et de signes. Circulez, il n’y a plus rien à interpréter, le monde perd ses couches successives, la réalité est froide et plate, réduite à quelques pauvres dimensions, trois, j’ai bien entendu trois pour l’homme de science assis au fond, qui dit mieux ? Allez messieurs 1 .. personne 2, 3, adjugé ! Quelle tristesse pour Pierre Mopey qui rêvait d’être archéologue, ou détective. Pierre Mopey se tient le visage entre les mains, c’est un P. Comme la première lettre de son prénom.

 

4ème visage :

Pierre Mopey ressemble moins à son prénom qu’à l’anagramme de son nom. Sa myopie ne l’empêche toutefois pas de voir, il voit autrement c’est tout. Vous voulez un exemple : les sourires de femmes qu’il cueille dans le pli des fleurs.

 

5ème visage :

On dit de Pierre Mopey qu’il est tête en l’air, alors qu’en réalité Pierre Mopey n’a pas les pieds sur terre. Nuance.

 

6ème visage :

On pourrait aisément, au premier abord, prendre Pierre Mopey pour un homme seul, ce qui, justement au premier abord, est une vérité universelle s’appliquant à tous les hommes. Mais Pierre Mopey a beaucoup d’amis. La plupart sont – il est vrai – invisibles, et alors ? Quelque chose à redire ? - Euh non rien. Ils habitent dans ces mondes où l’apparence compte si peu qu’il est perçu comme presque impudique et pour le moins ostentatoire de se vouloir réel, présent, palpable. Là-bas quelques lignes dessinées au pinceau suffisent pour un visage, quelques mots bien choisis donnent l’étoffe d’un caractère tranché et imprévisible, une suite de sons harmonieux offre une ambiance et une vibration. Ce monde n’est pas parallèle, à moins de soutenir cette thèse affirmant que les parallèles se coupent à l’infini, et de soutenir ensuite que la pièce dans laquelle nous jouons tous se joue sur cette scène dressée sur les tréteaux de l’infini. Là d’accord. Car ces mondes se croisent, se tranchent, se scalpent, se supportent, se confondent, se mêlent, se séparent, coïncident. Il suffit de prendre un livre et d’ouvrir ses ailes pour que notre monde s’envole avec elles, pour que la page troue l’air qui permet de la lire et nous force à quitter nos éphémères attaches, nos assises les plus sures. Sur quelques centimètres carrés renouvelés, un monde prend consistance, plus vaste, plus riche, plus imprévu, plus ancien et en même temps plus neuf que celui auquel nous sommes liés par les lois de la gravité (F = mg par exemple). Et pourtant, comme dit le proverbe, notre cul n’a pas bougé d’un pet. L’homme est l’animal doué de raison, ζον λόγον χον, l’homme est l’animal doué de fiction, aurait-il pu dire. Et la tradition est bouleversée, chamboulée, remise en question. Subversion.

 

7ème visage :

Pierre Mopey a bien connu le regretté Plume et continue d’entretenir d’excellents rapports avec Furne, le contestataire.

 

8ème visage :

Pierre Mopey aime lire René Char, Henri Michaux, Eric Chevillard, Cioran et Pascal Quignard. Il n’aime ni les légumes ni, conséquemment, les peintures de Giuseppe Arcimboldo. Sa couleur préférée est celle qui disparaît le plus vite quand la nuit tombe. Il a peur des chiens qui n’aboient pas et des tigres qui rugissent après avoir mangé leur dompteur dans un numéro de cirque. Au cirque d’ailleurs Pierre Mopey n’aime que le clown qui comme lui a plusieurs visages et qui porte un masque dont on ne peut dire s’il rit ou s’il pleure. Considération philosophique : le clown, figure métaphysique, n’a plus sa place dans une époque postmoderne nivelée.

Pierre Mopey n’aime pas lire dans le train, il n’aime pas les livres qui sont lus dans le train, il aime les gens qui lisent ces livres dans le train et les auteurs de ces livres. Il fuit les couples qui lisent le journal. Pierre Mopey aime en revanche saisir le mot qui lui passe par la tête, le crier, l’épeler, le répéter à voix haute et sur tous les tons, puis le reprendre, le priver de sa liberté, le rouler en petite boule jusqu’à la bille du stylo, l’écraser entre cette bille et la feuille et le laisser reposer dans un silence qu’un autre, encore inconnu, vous peut-être, viendra délivrer. Pierre Mopey, n’ayons crainte de le répéter, n’y va pas de main morte avec les mots.

Pierre Mopey aime également tous les animaux. Mais s’il avait à choisir, il classerait les animaux empaillés et ceux qu’on mange dans une préférence moindre que ceux de la télévision, qui lui paraissent tout compte fait dans un espace fictionnel plus adapté. Pierre Mopey n’aime guère les animaux de cirque, il n’aime que le clown au cirque, et n’aime d’ailleurs aucun animal domestique, excepté le serpent. Pierre Mopey est contre la domesticité. S’il reconnaît que l’homme n’eût pu se façonner tel qu’il est sans la domestication, il défend également qu’aujourd’hui cette dernière, notamment celle du chat, n’est plus nécessaire à son évolution. De plus Pierre Mopey n’aime ni l’évolution de l’homme ni son aboutissement même s’il avoue, « coupable ! », qu’il aurait apprécié monter à bord du Beagle.

Pierre Mopey soutient encore, outre le député vert de son village, l’imprévisibilité météorologique qui règne malgré tous les moyens technologiques mis en œuvre par les hirondelles. Il aime l’odeur de la pluie et s’oppose à la construction de barrages qui privent les fleuves de déposer leur larme quand et où bon leur semble.

Pierre Mopey enfin n’aime pas ce jeu d’enfants qui consiste à dire ce que l’on aime et ce que l’on déteste. Pierre Mopey déteste ce jeu mais aime les enfants.

 

9ème visage :

Lorsqu’une fille pose son regard sur Pierre Mopey et lui sourit, ce dernier instinctivement se retourne. Derrière lui, son passé le juge, devant sa vie l’attend, mais ce qui, entre les deux, peut bien attirer l’attention de cette fille, entre temps devenue belle et jeune, lui échappe.

 

10ème visage :

Pierre Mopey épluche le dictionnaire comme d’autres les oranges ou les pommes de terre. Mais Pierre Mopey mange ensuite les pelures. C’est un composte littéraire.

 

11ème visage :

Naître n’a pas été un choix pour Pierre Mopey. Mourir ne relève pas du choix non plus. Le choix véritable porte en lui la possibilité du refus absolu et jusqu’à présent tous ceux ayant protesté contre la mort, black-block compris, n’ont pas tenu le coup bien longtemps, on parle bien d’une femme qui résiste, qui lutte depuis près de 120 ans, mais aux dernières nouvelles, il semblerait qu’après avoir perdu une jambe et un rein dans le combat, la tête est sur le point de capituler (c’est le cas de le dire !). Si le suicide était une ou la solution Pierre Mopey y recourrait sans détour. Mais comment en être sûr ? (Le fameux doute cartésien). L’expérience n’est paraît-il pas renouvelable. Pierre Mopey a, c’est l’occasion ou jamais de placer ça dans le cours du récit, connu Kirilov, un jeune ingénieur de vingt-sept ans, brun, aux yeux noirs qui ne brillent jamais, et qui, après avoir senti la présence de l’harmonie éternelle, s’est suicidé pour prouver que Dieu n’existe pas et que l’homme est libre dans sa volonté.

 

12ème visage :

Un des visages de Pierre Mopey ne se manifeste que dans le reflet du miroir. C’est celui dont Pierre Mopey cultive le plus l’apparence, celui qu’il soigne, qu’il entretient, qu’il touche, chouchoute, bichonne, masse, rase, recouvre de crème de savon de poudre de spray de gel, qu’il recouvre, qu’il recouvre pour être un plus beau, pour plaire, pour ressembler un peu plus aux autres, pour limer les angles. Pierre Mopey est d’avis que le premier geste de séduction passe par la mise au commun, soit le nivellement par le bas ou par l’originalité extrême. Il n’y a pas de juste milieu dans la sélection amoureuse, on allie les forces en se fondant dans la masse ou on se présente seul et sûr de soi.

 

13ème visage :

La morale de Pierre Mopey, qui tient en 16 mots, se laisse résumer de la manière suivante : ne rien dire de vrai, ne jamais mentir, s’en tenir au vraisemblable de la fiction.

 

14ème visage :

Pierre Mopey traverse la vie comme ce petit enfant, fragile, à la merci des adultes, qui tente sous les hurlements effrénés de ses parents de traverser le salon tenant entre ses mains menues un bol rempli à ras bord d’un thé bouillant qui brûle ses doigts et dont il ne faut pas perdre une goutte surtout « sur le courrier de papa ! » faute de quoi on aura en tout cas « pas perdu l’occasion de se ramasser une bonne paire (du 42 pour moi, s.v.p) de claques ! ». Il traverse autrement dit, soit sans comparaisons niaises, la vie avec autant d’empressement que de prudence.

 

15ème visage :

Pierre Mopey est de sexe masculin et de taille moyenne.

 

16ème visage :

Pierre Mopey n’est pas monsieur tout le monde. Il se contente d’être soi-même et s’efforce d’accomplir chaque jour la tâche qui lui est dévolue. Il n’est donc pas du genre à se mêler des affaires d’autrui, sauf si une personne, apparemment dans le besoin, s’adresse personnellement à lui. C’est justement le cas au restaurant par exemple où Pierre Mopey n’hésite pas à rendre service au pauvre homme qui est systématiquement là devant lui, qui l’a salué dès son entrée pour attirer son attention, qui maintenant tapote du pied nerveusement ou se ronge les ongles et dont on devine qu’il va finir par bouffer sa propre main si on ne fait pas quelque chose. Pierre Mopey, dans un élan de générosité chevaleresque, s’empare aussitôt de la carte, parcourt les différents menus, pointe son doigt sans faillir sur l’un d’eux, et dit alors succinctement mais posément : « Une pizza quatre saisons ». Et le type pourtant impatient, famélique, ne manque jamais, avant même de se retirer d’un pas preste vers les cuisines, de témoigner sa gratitude : « Oui Monsieur, bien sûr Monsieur, merci bien Monsieur, tout de suite Monsieur ». Alors Pierre Mopey s’en va, satisfait de son geste altruiste qui ne coûte rien si ce n’est un peu de son temps.

Pierre Mopey n’est pas non plus homme à tout faire. S’il était monsieur tout le monde sans doute parviendrait-il à tout faire, mais devant l’impossibilité d’une multiplication, je précise : infinie, de son propre moi, Pierre Mopey jette l’éponge, qui croit un bref instant replonger dans les fonds marins.

Pierre Mopey n’est pas pour autant bon à rien. Il est bon au scrabble et aux échecs. Au scrabble par exemple Pierre Mopey se jette corps et âme dans la partie. Un jour qu’il jouait seul contre lui-même, acculé à la défaite cherchant à placer yogourt (7 lettres !) mais ne possédant pas pour cela le Y (10 points !) requis, Pierre Mopey n’hésita pas bien longtemps avant de tendre ses bras au ciel et de s’étaler sur une case « lettre compte triple » (30 points !).

 

17ème visage :

Plusieurs visages de Pierre Mopey lui servent de masque.

 

18ème visage :

L’appartement de Pierre Mopey se caractérise essentiellement par le vide et le silence. Une plante verte brise le vide. Un courant d’air brise parfois le silence. La présence de Pierre Mopey dans l’appartement ne brise rien.

 

 

 

19ème visage :

Pierre Mopey ne revient guère volontiers sur les violences subies dans le passé dès sa plus tendre enfance : l’étranglement premier entre les parois vaginales, les mains plastifiées de cet homme inconnu et masqué, non ce n’est pas Zorro, qui a cherché mais en vain à décrocher sa tête du reste de son corps, l’attache au bout d’une laisse ombilicale dont il garde la cicatrice – œil de cyclope aujourd’hui garni de cils –, les signifiants dont on a confisqué les signifiés, les innombrables personnes qui penchent leur tête vers lui, vers vous, qui la secouent, rient, gesticulent, vous embrassent, font des bruits avec leur bouche remplie d’air et de mauvaises odeurs, qui parlent, parlent sans attendre la moindre réponse de votre part, si ce n’est un hoquet, un rot, une coulée de bave ou un crachat de compote, les mêmes qui vous forcent à ramper, à marcher et qui vous empêchent plus tard de voler, etc.

Pierre Mopey n’y revient guère volontiers.

Il préfère se rappeler du jour où il comprit qu’aimer et apprendre, c’est la même chose. Une efflorescence du moi.

 

20ème visage :

L’écriture est une des passions de Pierre Mopey. Il caresse l’idée de déposer un jour par écrit la liste exhaustive de tous ses visages. A sa dernière tentative Pierre Mopey s’est découragé au visage 2189 non par manque de ressource, mais par manque de persévérance. Le début de cette liste, non pas celle là !, l’autre j’vous dis, vous suivez ?, lui paraissait plus proche que la fin.

 

21ème visage :

Lorsque Pierre Mopey cherche à séduire une fille qui lui plait, il la compare à une anthère et lui offre un bouquet de rafflésies. Mais les filles qu’il rencontre sont pour la plupart allergique au pollen des fleurs. C’est du moins ce qu’il en conclut.

 

22ème visage :

Pierre Mopey est musicien, écrivain, peintre et sculpteur, mais il ment et se présente à la société en tant qu’artiste. En marge des métiers cités ci-dessus, Pierre Mopey travaille, comme tout le monde.

 

23ème visage :

Pierre Mopey est sans doute l’un de vos amis, de vos collègues, de vos amants. Vous l’avez à coup sûr croisé quelque part, en ville, dans un champs, dans une boîte échangiste, dans un de vos rêves ou dans un livre. Pierre Mopey se déplace dans différents mondes, dans différents univers même. C’est un type instable, un électron libre, un personnage de bande dessinée.

24ème visage :

Pierre Mopey ne croit pas en Dieu. Il ne croit pas non plus à la mort de Dieu, et ce n’est pas lui le forcené qui, ayant allumé une lanterne en plein midi s’écrie qu’il cherche Dieu, que Dieu est mort, que nous l’avons tué et qu’il arrive trop tard. Ce n’est pas lui. Pierre Mopey ne croit que ce qu’il rêve et ce qu’il lit. Il croit à l’amour, aux utopies, à la réconciliation des hommes et à d’autres idées bien plus abstraites encore.

 

25ème visage :   

Pierre Mopey est quelqu’un de secret et de pudique. Il n’est pas du genre à découvrir l’entier de ses visages à des inconnus.

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