Né de la terre
Je suis né de la terre,
enfant de toi, ma mère,
qui, dès les premières lueurs de l’aube,
t‘en allait labourer de tes mains nues
la glaise ferme
pour y faire germer
cette miraculeuse aumône du ciel
tant espérée
pour nourrir nos appétits d’enfants.
Maman, papa, vous n’étiez pas de la race de
ces terriens
qui ne comptent pas le blé mais l’argent
qu’il leur rapporte.
Vous étiez de simples paysans,
de ces cul terreux,
auxquels la terre n’offre que l’essentiel,
juste ce qu’il faut à leur survie,
et rien d’autre,
point d’argent à négocier sur les marchés.
Terre, tu es avare
avec ceux pour qui tu es la mère
nourricière.
C’est pourquoi, terre, je suis tien et tu
es mienne
toi qui m’a nourri
et demain, je reposerai en ton sein.
Bernard Doulet, Flaujac, Toussaint 2003